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> Un plébiscite de la Mère Royaume

L'extraordinaire apport des étrangers à la construction de Genève, à son essor et à sa protection - y compris lors de la nuit du 11 au 12 décembre 1602 - demeure par trop méconnu.  C'est dans cette intention que le Bureau de l'intégration a choisi, pour sa première campagne d'affichage (janvier 2003) de présenter les portraits de quatre personnes étrangères : trois vivant aujourd'hui parmi nous et... la Mère Royaume .
Le point commun de Silvio Taïoli (Italie), Kinja Mulegwa (Congo RDC), Giawdat Sofi (Kurdistan irakien) et Catherine Cheynel (France) est que tous quatre se sont installés à Genève dans des conditions difficiles, particulièrement les deux derniers qui ont fui des persécutions. On sait que Catherine Cheynel, épouse de Pierre Royaume, potier d'étain qui deviendra graveur de la monnaie, s'est réfugiée à Genève peu après les massacres de la Saint-Barthélémy, en 1572.
L'idée consistait, d'une part, à placer sur pied d'égalité des personnes représentatives de types d'immigration parfaitement différents et, d'autre part, à rappeler que même notre héroïne nationale, dont les nombreux descendants sont "des vrais Genevois",  fut en son temps ce qu'en langage contemporain on appellerait : une requérante d'asile. 
Les membres de la Compagnie de 1602 apprendront avec intérêt que le Bureau de l'intégration a fait procéder par l'institut MIS Trend SA à une analyse d'impact de chacune des affiches et de leur message ("les étrangers/ères aussi construisent Genève"). L'affiche "Mère Royaume" est, des quatre, celle qui a remporté le meilleur taux de lecture et d'identification, preuve de l'attachement que lui portent non seulement les Genevois et mais aussi les étrangers résidant à Genève, les sondeurs n'ayant fait aucune différence dans leur approche entre les uns et les autres. (akl)

>Pour en sovoir plus :
 Les quatre affiches et tout document utile peuvent être consultés sur :
www.geneve.ch/integration

> Catherine Cheynel en vedette

Chacun aura vu sur les murs de la République cette belle affiche à la couleur vive et au titre attractif. Elle fait partie d'une série de quatre sujets, tous des personnalités typiques présentant des itinéraires personnels particulièrement intéressants, qu'a décidé d'exprimer le Bureau de l'intégration des étrangers, une mission du Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement. Ainsi, la figure la plus emblématique de l'Escalade retrouve son nom en haut de l'affiche, juste mérite pour la plus active participante de la délivrance de la cité. Autre preuve que les illustres personnages de 1602 font recette dans la Genève d'aujourd'hui, capitale de la tolérance et de la paix, lorsqu'il convient de parler populaire et de servir d'exemple. Les étrangers aussi contruisent Genève. La Mère Royaume incarne la résistance et l'héroïsme des Genevois durant la tragique nuit de l'Escalade, en 1602. En jetant sa marmite de soupe sur la tête d'un assaillant, Dame Royaume est entrée dans la légende : elle est devenue l'héroïne populaire par excellence des Genevois, une figure de leur histoire, un symbole de leur patriotisme. Catherine Cheynel était une réfugiée. Son mari, Pierre Royaume, a été requérant d'asile. Tous deux Lyonnais, les Royaume ont fui les persécutions contre les Huguenots et trouvé refuge à Genève tois semaines après le massacre de la Saint-Barthélémy, en 1572. Potier d'étain, Pierre Royaume est devenu à Genève graveur de la monnaie et fut admis à la dignité de bourgeois en 1598. Ils ont eu quatorze enfants. On leur connaît aujourd'hui 580 descendants directs, des "vrais Genevois" comme on dit.

> Pour en savoir plus : www.geneve.ch/integration