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Theodore

Bourguignon, né à Vézelay le 13 octobre 1519, issu d’une famille noble et considérée, le futur réformateur est envoyé par les siens à Orléans où on le confie au plus illustre des pédagogues, l’Allemand pétri d’humanisme Melchior Wollmar.

Tout jeune, doux poète, l’étudiant possède déjà des bénéfices ecclésiastiques dont l’un lui vient de son oncle, l’abbé de Froidmont.

Séduit par un le fort parfum du luthérianisme naissant, Théodore ne donne qu’une prudente adhésion à la nouvelle doctrine. Il aime l’argent et la vie facile.


Réformé et Protestant avec un grand R et un grand P, l’homme entend garder, malgré tout, prieurés et canonicats, sans parler d’autres bénéfices tout aussi éminemment papistiques. Pour ne point perdre ses bénéfices, le jeune docteur renonce alors à épouser sa douce et tendre compagne, Claude Denosse, qui lui donnera quand même quarante ans de tranquille bonheur.

Or, en ce temps-là, tout crépite sous le ciel de France, les bûchers et les gibets ploient et puent et les échafauds ruissellent de sang. Voilà une vision qui marquera de Bèze pour longtemps. Elle l’émouvra, le poursuivra et le torturera toute sa vie.

A Bourges, il rencontrera Calvin. A ce moment, le jeune savant renonce à ses biens d’église. En 1548, Théodore de Bèze est devenu un théologien fougueux et sage tout à la fois, pénétré de la doctrine exposée par Calvin, Bèze arrive dans la cité. Il n’y restera pas longtemps, car Maître Jean l’envoie d’urgence à l’Académie de Lausanne, où il y restera dix ans à enseigner le grec.

Le professeur de théologie est rappelé à Genève, puis le 21 avril 1561, il est nommé premier recteur de l’Académie genevoise. Connu pour sa sagesse, à la demande des princes protestants de France, il part soutenir la cause réformée au Colloque de Poissy. Il sera secondé de trois autres Français de Genève, Gallars, Marlorat et Merlin.

Un an après, il prend part, dans les rangs de ses coreligionnaires, à la bataille de Dreux.

La bataille d’Amboise signée, de Bèze rentre à Genève en mai 1563 et y organise notamment l’enseignement juridique.

Il traduit la Bible, écrit, publie, dirige l’édition des Chroniques de la Réforme. Sa Vie de Calvin est célèbre. Son œuvre comprend plus de quatre-vingts traité et ouvrages divers.

Calvin mort, c’est vers lui que montent les vœux des Genevois. Aujourd’hui encore, de Bèze fait figure de grand théologien, d’humaniste, de juriste, voire de poète. Il est avant tout l’homme d’Etat placé par la Providence au poste difficile, aux heures d’angoisse, lorsque la menace se lève à l’horizon.

Bien que devenu intensément Genevois, il ne peut oublier la France. Il fait des voyages outre-Jura. Il a mérité la confiance du Roi et les princes réformés l’ont chargé assez souvent de missions secrètes, qu’il a menées à bien, car il est d’une intelligence souple et subtile, et de grandes connaissances de la faiblesse humaine.

Du haut de sa chaire, comme son prédécesseur, de Bèze enseigne le monde. Il est plein de bon sens et les jeunes l’aiment et le respectent.

La peste lui enlève son frère Nicolas-Pierre. Trois ans plus tard, en 1571, il part présider le synode de la Rochelle. C’est lui qui rédige la profession de foi, signée par la Reine de Navarre, les princes protestants : Condé, Navarre, Nassau et l’Amiral de Chastillon. Parti en mars, il est déjà de retour à la fin mai. L’année suivante, il se rend au synode de Nîmes, puis dès son retour, reçoit fraternellement les victimes de la Saint-Barthélemy.

En 1586, à Montbéliard, il tenta, sans succès, de concilier et de mettre en harmonie les doctrines calvinistes et luthériennes. A son retour, il assiste à la fermeture de presque toutes les chaires de l’Académie. La guerre est aux portes, l’ennemi barre les routes, les étudiants sont houspillés, spoliés. Ils n’osent plus s’aventurer sur les chemins menant à Genève.

Grâce à lui, l’Académie, presque exsangue, vit tout de même, car il y professe toujours la théologie et sauve ainsi la branche principale. Confiant dans l’avenir, les temps meilleurs vont poindre.

Il donne aux jeunes gens, qui se réunissent aux pieds de sa chaire, des conseils marqués de bon sens, comme ceux-ci :

Ecoute beaucoup;

Parle peu;

Garde les secrets;

Epargne les petits;

Sois déférent envers tes supérieurs, et tolérant envers tes égaux.

 

Homme tolérant, il déplore dans son Histoire ecclésiastique, les excès des protestants qui, lors du siège de Grenoble, s’étaient laissé aller à des pillages, des cruautés, des incendies et autres excès non tolérable, même en temps de guerre.

Quand Henry de Navarre, devenu roi de France, vint en découdre sur les terres de Savoie, se souvenant de de Bèze, il le fit mander auprès de lui. L’entrevue fut des plus cordiales. Le vieux réformateur, le syndic Roset et les Genevois qui les accompagnent, sont en face d’un roi qui entend rester leur protecteur et leur ami. Et c’est tout ragaillardi que les délégués de la République regagnent leur cité (novembre 1600).

Après le décès de sa compagne, il épousa religieusement l’objet de sa flamme, Catherine Del Pianno, enfant du refuge italien.

On a souvent raconté que Théodore de Bèze, que sa surdité avait empêché d’entendre ce qui ce passait pendant la nuit de l’escalade, il était âgé de 82 ans, quand on lui eut raconté l’affaire et qu’il eut vu les morts couchés à même le sol, le long de la Corraterie, s’écria : Montons à la maison de l’Eternel ! et entraîna le peuple après lui, dans la cathédrale, pour remercier Dieu. Aucun récit contemporain ne mentionne ce fait.

N’oublions pas que le 12 décembre était un dimanche, et que les temples furent ouverts aux fidèles ce jour-là, comme de coutume.

En 1606, entouré des ses amis, de ses disciples, de son épouse et de l’affection de tous les Genevois, le grand de Bèze s’endort dans la paix du Seigneur.

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