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Un défilé sans musique
?
Imaginez la commémoration de l'Escalade
sans les tambours
(texte fourni par le
Conservatoire des Fifres et Tambours)
Chaque année tous les musiciens se
réjouissent de participer à la commémoration de l'Escalade. Je ne
connais pas le programme de chaque société mais je peux vous parler des
Fifres et Tambours par l'entremise d'un jeune musicien.
Qu' est-ce que j'ai été
content lorsque j'ai su que j'allais chercher mon costume. Arrivé à
18h30 aux Casemates, je me suis annoncé mais j'ai dû attendre très
longtemps; tous les grands, et il y en avait beaucoup, devaient essayer
leur costume, eh oui ils avaient grandi... Enfin mon tour est arrivé;
après avoir enfilé trois vestes, en voilà une à ma taille (mon papa
m'a dit que c'était la sienne quand il était petit). Pour le pantalon
j'ai mis un peu plus de temps, heureusement qu'un immense monsieur à
barbe était là pour chercher dans la réserve et que maman sait coudre.
Quant au chapeau, il n'y en avait presque plus mais. j'ai bien rigolé,
j'en ai trouvé un tout mou et déformé qui me faisait une bouille
marrante. Je n'ai pas pris de chaussettes, aucune paire ne m'allait.
Après avoir fait tout inscrire, j'ai dévalé les six étages.
Le
vendredi: 1er cortège, 1er stress. Je suis arrivé tranquillement, mais
avec une grosse boule au fond de la gorge, au "local" de la
vieille ville où j'ai retrouvé les copains. Quelques grands tout
essoufflés se sont changés en vitesse avant de préparer leur
instrument. Nous nous sommes rendus à la rue des Chaudronniers pour la
préparation du cortège; de grands messieurs avec une écharpe ou une
armure sont venus discuter avec ma maîtresse de fifre, j'étais
impressionné; de tout près ils en imposent... Au départ j'ai sursauté,
les tambours résonnaient bien plus que dans le local de répétitions.
Quel exercice difficile que le défilé: il faut regarder le tambour major
pour suivre ses instructions, rester aligné. marcher au pas et jouer par
coeur; vous ne vous rendez pas compte, vous le public qui n applaudissiez
même pas à notre performance, et en plus le froid paralysait les doigts.
Que c'était beau quand nous avons passé à la rue de l'Hôtel-de-Ville,
il semblait que la musique nous tournait autour Malheureusement la pluie a
commencé à tomber, par bonheur j'avais pensé à mettre un imperméable
sous ma veste. Je craignais que les tampons de mon fifre ne se décollent
mais j'ai eu de la chance cette fois-ci. A la Corraterie nous nous sommes
arrêtés, j'ai pu décontracter mes épaules et mes jambes et les
tambours ont posé quelques minutes leur instrument qui pèse lourd .
Après la traversée du Rhône nous sommes enfin arrivés au Temple de
Saint-Gervais. Nous sommes repartis tout de suite en musique. Pour la
montée de la Rue de la Cité il fallait une bonne réserve de souffle
(essayez de gonfler un ballon en grimpant...). Arrivé au local j'étais
fier de moi; mes copains avaient déjà l'habitude, avec toutes les
manifestations auxquelles ils avaient participé depuis septembre.
Le samedi matin nous avions
rendez-vous à dix heures car nous défilions en ville pour Téléthon. A
midi nous avons mangé dans le restaurant d'un grand magasin (il faut de
la place pour cinquante personnes).
L'après-midi j'ai trouvé très agréable les petits défilés dans tous
les coins de la ville et de la vieille ville avec quelques
pauses-détente.
Je
commençais à m'habituer. A 16h30, moment formidable: nous nous sommes
retrouvés avec tous les autres fifres et tambours pour un show d'ensemble
à Saint-Pierre. Claude Blessing a réuni les tambours majors pour leur
rappeler la marche à suivre (répétée à la caserne des Vernets). Et
c'est parti: chacun s'est promené sur la Place en jouant, dans le
désordre, parmi le public, puis petit à petit quatre groupes se sont
réunis, ils ont tourné comme un carrousel; les spectateurs étaient
stupéfaits; après deux tours complets les musiciens ont gravi les
marches de la Cathédrale, d'où le public surpris a été délogé, pour
présenter les morceaux d'ensemble qui ont terminé ce beau spectacle
auquel j'étais ému d'avoir participé. Chaque société est repartie de
son côté et notre groupe a regagné son "local" où des tables
ont été préparées pour les grands qui participent à la ronde de
nuit.. Avec les plus jeunes j'ai été libéré jusqu'au lendemain. Nos
aînés sont allés se détendre un moment avant de revenir manger
(heureusement que des personnes dévouées soignent les musiciens). Moi
j'ai été manger avec mes parents et nous sommes revenus dans la vieille
ville; des groupes défilaient un peu partout. Ils ont même joué dans le
passage de Monetier. Nous avons suivi un moment mes copains du Cons.Pop.
mais j'étais trop fatigué pour rester jusqu'à 22h.
Le dimanche matin à 11h je
me suis retrouvé avec tous les fifres et tambours sur la Promenade
Saint-Antoine. C'était le grand défilé commun traditionnel pendant
lequel seuls quatre morceaux sont joués par tous.
Ca me faisait drôle d être entouré de fifres que je ne connaissais pas
(est-ce qu'ils se sont aperçu que je ne savais pas toutes les partitions
?) Devant la Cathédrale et au Bourg-de-Four nous avons présenté un
concert.
En
descendant la rue de la Fontaine notre tambour major nous a mis par deux
et nous nous sommes tous croisés, c'était super; il faut dire que nous
étions plus de 120. Arrivés devant le local de la Musique Municipale
nous avons joué "Cé qu'è Laino" puis nous sommes descendus
dans la grande salle de répétition pour manger 11 y avait les Fifres et
Tambours de Meyrin, des Ondins, de l'Emprô, de Bâle, du Conservatoire
Populaire,; les Tambours de 1602, des Cadets; il y avait également des
Trompettes . A la fin du repas, comme j'étais le plus jeune, j'ai cassé
la plus grande marmite que j'aie jamais vue avec Raymond Zosso (dit
Pépé), le tambour le plus âgé. Tout le monde a chanté puis a
applaudi, je suis devenu tout rouge! L'après-midi chaque société a
continué à défiler pour animer la Vieille ville. A 1 6h15 nous avons
goûté dans notre local (thé, pain, choc.) et nous nous sommes reposés;
il fallait reprendre des forces avant le grand cortège final de trois
heures. J'ai préparé mes chaufferettes pour que mes doigts ne souffrent
pas trop, sinon je n'aurais pas pu jouer jusqu'au bout. J'ai beaucoup
aimé les proclamations, c'était impressionnant et l'ambiance était
joyeuse. Les chevaux me faisaient un peu peur, surtout lorsqu'ils
reculaient. A la moitié du parcours on a pu boire du bouillon, c'était
agréable. A Saint-Pierre, devant le feu, j'étais content de me
réchauffer avec un gobelet de thé. J'ai essayé de souffler dans mon
fifre jusqu'à la fin de cet immense défilé mais c'était difficile,
j'avais mal aux lèvres.
Pensez...après trois jours ..! Devant les Casemates le grand chef a fait
un discours, c'était court...heureusement car je n'en pouvais plus. On
m'a dit que ce week-end était très onéreux pour la société mais que
c'était important d'y participer: il faut contribuer à garder les fêtes
historiques et le folklore de notre pays. J'espère que ça reviendra
chaque année, c'était vraiment génial et mes copains sont tous du même
avis.

Après ces trois jours
merveilleux, j'ai fait beaucoup de défilés et de voyages avec les Fifres
et Tambours du Conservatoire Populaire de Musique. Nous participons à
plus de 25 manifestations par année aussi bien en Suisse qu'à
l'étranger. A l'Ascension nous irons deux jours à Cavaillon et à
Pentecôte nous partirons trois jours à Clermont-Ferrand.
Nos moniteurs madame Blanc
et monsieur Blessing nous ont dit que le 400ème de l'Escalade débutera
le 1er juin 2002: nous aurons à nouveau un très grand cortège avec le
costume de la Compagnie de 1602. Ils nous ont expliqué l'immense
parcours; j'espère que nous aurons un sandwich et une boisson à
l'arrivée pour ne pas tomber...
Notre président, monsieur
Thierry Gigon, nous a annoncé que le concert pour lequel mon papa a
changé ses vacances du mois d'août n'aurait pas lieu. C'est mes parents
qui ne seront pas contents et moi non plus d'ailleurs, je me réjouissais
de faire notre "Show-Parade" aux Bastions.
Je ne comprends pas, il paraît que c'est pour des histoires de sous. ..:
nous on n'est pas payé. .. ! C'est pour le plaisir de montrer ce que nous
savons faire que nous venons.
>Pour en savoir plus
Conservatoire Populaire de Musique de Genève
Fifres et Tambours
5 rue du Village-Suisse, 1205 Genève
tél 022 328 87 90

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