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Apothéose au Grand Théâtre |
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Inès Boccino |
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Ma course... |
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Une page
d'histoire... |
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L'école en ce temps là... |
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Les Genevois ont célébré les 400 ans
de l'Escalade |
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400e de l'Escalade: ras la
marmite! |
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Ah, la
belle... |
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La
légende en marche |
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Et s'ils
avaient gagné? |
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Sans pitié |
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GENÈVE : Le défilé a attiré les foules |
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La
Course du Duc |
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Apothéose au Grand Théâtre
Les écoliers genevois ont
réussi leurs fêtes.
Apothéose au Grand Théâtre avec 240 élèves
costumés.
Un Grand Théâtre comble : c'est le feu
d'artifice final des festivités auxquelles
les écoliers ont participé à l'occasion du
400e anniversaire de l'Escalade, samedi 14
décembre.
Deux cent quarante élèves sur l'avant-scène,
costumés en légumes, en Genevois ou... en
Savoyards, ce qui correspondait bien à la
situation: sur les douze classes prenant
part au spectacle, six provenaient de France
voisine, pour moitié de. L'Ain, pour moitié
de là Haute-Savoie. D'où la présence de
Martine Brunschwig Graf, chef du Département
de L'instruction publique, et de nombreux
représentants de l'enseignement de France
voisine.
Après l'excellente interprétation de quatre
chants de circonstance par le Grand Choeur
de l'escalade, les enfants sont montés sur
scène pour présenter deux comédies
musicales: Les légumes en folie, texte et
musique de Daniel Duret, et Les enfants de
l'Escalade, texte de Janry Varnel, musique
de Thierry Ferrant.
Ces comédies font partie d'un projet monté
avec l'appui de la Direction de
l'enseignement primaire par Catherine Borer,
responsable avec. Claire-Lise Coste de
l'éducation musicale dans les écoles
genevoises.
Les légumes en folie: six classes sur scène
pour faire entendre la perplexité des
légumes de la Mère Royaume face aux guerres
des hommes et nous expliquer que ceux-ci
feront chaque année une soupe en leur
honneur pour se faire pardonner. Et six
autres classes pour raconter en chansons Les
enfants de l'Escalade, histoire de Lison,
jeune blanchisseuse genevoise, et de Léon,
petit ramoneur savoyard, qui s'aiment au
mauvais moment - décembre 1602 -et se
retrouvent quatre cents ans plus tard pour
participer à la Course de l'Escalade.
Vieilles chansons actualisées et mélodies
originales étaient accompagnées par des
musiciens du Centre de musique ancienne.
Le spectacle du Grand Théâtre représentait
le point culminant d'un mois de décembre
particulièrement musical pour des milliers
d'élèves genevois. Deux concerts de 250
élèves chacun ont fait retentir la
cathédrale Saint-Pierre aux chants de
l'Escalade et de Noël; la salle
Franck-Martin a accueilli plus de 3000
élèves de 3P à 6P pendant une semaine, pour
une présentation d'instruments anciens, les
musiciens du Centre de musique ancienne
accompagnant ensuite les chansons; un
orchestre monté par les maîtres de musique a
fait chanter près de 600 écoliers au Centre
pédagogique de Geisendorf; le Victoria Hall
a entendu de vieilles chansons actualisées
sous plusieurs formes, avec Le Beau Lac de
Bâle; le Palladium, de même que plusieurs
salles dans les communes ont accueilli Les
légumes en folie. Et l'Orchestre de la
Suisse romande a joué à six reprises devant
huit cents élèves, dans le cadre des
Concerts Jeunes.
Grâce au Service de l'éducation musicale, de
très nombreux enfants ont ainsi l'occasion
d'approcher la musique sous différentes
formes.
Texte de Lilianne Palandella, paru dans la
Tribune de Genève du 18.12.02
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Un dossier
d'activités diverses et de situations
d'apprentissage autour de l'Escalade
(musique, histoire, géographie;
français, mathématiques)
Deux CD sont disponibles en prêt au
Centre de ressources et de documentation
pédagogiques, bd Saint-Georges 17-19,
tél. 022 327 77 21.. |
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C'est à la jeune Inès Boccino, d'Onex
Parc, qu'est revevu l'honneur de courir cette édition de la Course de
l'Escalade avec le dossard portant le numéro 1602. Les spectateurs ont déjà
remarqué l'allure d'une grande championne. Bravo
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Ma
course
Reignier - Genève : 18,500 kilomètres, pas si simple.....
Samedi 7 décembre 2002 à 11h30
Avec des amis, nous prenons place à bord des bus, gracieusement mis à
notre disposition par les TPG. A mesure que nous
approchons de Reignier, nous nous rendons compte
que le parc des Bastions est bien loin.
Trop tard pour renoncer, nous la ferons cette course commémorative.
Découverte et visite de Reignier: échauffement collectif. L'heure
fatidique du départ approche. Quel plaisir de
rencontrer les membres en costumes de 1602 qui,
avec panache, représentent la Compagnie.
Quelle émotion, nous sommes sur territoire français et nous sommes
accueillis à bras ouvert. Aucun savoyard ne nous
entravera sur le parcours, si long d'ailleurs.
Enfin, à 13 heures 20, le départ est donné pour les dames et à 13 heure
trente celui pour les hommes. Le paysage est beau
et les nombreux spectateurs nous encouragent
(c'était nécessaire...).
A la douane de Veyrier, le garde-frontière nous souhaite la bienvenue
sur notre territoire. La route de Florissant
monte quelque peu ! A l'entrée de la Vieille-Ville, malgré un temps hors
quota, nous côtoyons l'élite femmes sur le parcours
de la Course de l'Escalade
Enfin le parc des Bastions, un dernier sprint et l'arrivée.
Un grand merci à la Compagnie de 1602 et aux organisateurs pour cette
course magnifique qui a permis de réunir deux
pays dans une joute sportive où la camaraderie
fut le maître mot.
Yves WAKKER
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Une page d'histoire
«Ce fut l'an mil six cent et deux, ce fut l'an mil six cent et deux» A
Genève, les paroles de cette chanson emblématique sont célèbres, à
l'image de son refrain:
«Ah! la belle Escalade, Savoyards, gare, gare!». De tels mots évoquent
ce qui fut et reste une date clé dans le passé de notre cité : la nuit
de l'Escalade.
En 1602, Genève comptait 15 à 16000 âmes regroupées à l'intérieur des
fortifications (la Vieille-Ville actuelle) et dans le quartier de
Saint-Gervais, de l'autre côté du Rhône. Notre cité se trouvait alors
sur le qui-vive le duché de Savoie, qui jouxtait son territoire,
cherchait à la conquérir, elle, fière république indépendante. A
s'emparer de ses richesses (le drap, le velours, la soie, la production
de livres...). Et à la rendre à la foi catholique, elle qui, à la pointe
sud de l'Europe protestante, s'affirmait comme un bastion de la Réforme.
A l'assaut des murailles
C'est ainsi que, conduites par le seigneur d'Albigny et son second
Brunaulieu, les troupes du duc Charles Emmanuel s'apprêtèrent à partir à
l'assaut des murailles. La date retenue? La nuit du 11 au 12 décembre
selon le calendrier julien (le nôtre), du 21 au 22 selon le calendrier
grégorien (celui de l'époque). Soit la nuit la plus longue de l'année,
la plus propice, pensait-on, à la réussite de l'opération.
Les Savoyards étaient en réalité, pour la plupart, des mercenaires venus
d'Espagne, de Naples, du Languedoc, du Dauphiné. Il s'agissait de
soldats expérimentés - deux milliers d'hommes - disposant d'un
impressionnant matériel de guerre.
A peine les assaillants, armes et cuirasses passées au noir, avaient-ils
dressé leurs échelles démontables (une innovation de taille) au sommet
de la Corraterie, que l'alarme fut donnée. Genève, qui dormait, se
réveilla. Ce ne furent plus dès lors que combats farouches, du côté de
la porte de Neuve, de la Treille, de la Tertasse, de la Monnaie. Et
c'est à ces heures nocturnes que s'illustrèrent, dans la défense de la
cité, des personnages héroïques tels que la Mère Royaume, Dame Piaget,
lsaac Mercier, le pétardier Picot. L'ennemi était repoussé.
Indépendance préservée
La victoire entrevue par les Savoyards se transforma en défaite, en
déroute, en «cacade». Plusieurs dizaines des leurs payèrent de leur vie
la sanglante expédition. Faits prisonniers, treize d'entre eux furent
pendus, et leurs têtes exhibées en même temps que celles des autres
tués.
Du côté des Genevois, on recensa dix-huit victimes. Pour l'heure,
l'indépendance de la ville était préservée, la république sauve. Mais
jusqu'à quand ? Bientôt arrivèrent dans nos murs les renforts bernois
promis en cas d'attaque. Et, au prix de lentes tractations, le duc de
Savoie abandonna ses prétentions sur notre territoire: sept mois après
la nuit de l'Escalade, le traité de Saint-Julien sanctionnait entre les
deux parties une paix longtemps attendue. Soutenue à cette occasion par
Henri IV, roi de France, et par les cantons suisses, Genève vit enfin sa
souveraineté admise, sa liberté reconnue.
O. Dami - L'école n°29 (DIP) - Décembre 2002
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L'école en ce temps-là
Ah la belle Escalade ! La célébration d'un haut fait de l'histoire
genevoise revêt cette année un caractère particulier. C'était il y a
juste quatre cents ans dans la nuit du 11 au l2 décembre, que la
population de notre ville repoussait avec succès l'assaillant savoyard
(voir ci-contre). Et les élèves d'aujourd'hui, ainsi qu'il est montré
plus loin, n'ont pas manqué de
se pencher cet automne sur l'événement. Mais il convient d'abord de
s'interroger: dans quelles conditions leurs lointains devanciers
s'adonnaient-ils à l'étude?
Voici quatre cents ans, tous les enfants n'allaient pas en classe. Un
fils de cordonnier, de passementier, de maçon n'avait pas toujours la
possibilité de fréquenter l'unique établissement primaire et secondaire
de notre ville : le Collège de Genève. L'accès à l'instruction était
certes gratuit, mais nombre de garçons se devaient d'aider leurs pères
dans les ateliers, les boutiques. Quant aux filles, elles n'avaient tout
simplement pas le choix : en 1602, comme tout au long du XVIIe siècle
encore, l'enseignement ne leur était pas ouvert.
Le fier bâtiment qui se dresse aujourd'hui encore en contrebas de la
promenade Saint-Antoine porte maintenant le nom de Collège Calvin. Il
avait vu le jour en 1559, précisément à l'instigation de Jean Calvin,
lequel se trouve également à l'origine de notre Université, appelée
alors Académie et logée au même endroit. Une telle concentration des
centres d'enseignement, nous révèle l'historien Alain Dufour1,
appartient à la tradition protestante: «Toute l'instruction, de
l'alphabet jusqu'aux grades universitaires, en une seule institution,
était placée sous la double tutelle de la municipalité et des pasteurs
de l'Eglise réformée ».
1. «Le Collège de Genève», Editions Alexandre jullien, 1959
De 7 à 15 ans
Le site retenu pour édifier le Collège de Genève correspondait à un
terrain où poussait la vigne et, tout à côté, sur l'emplacement de
l'actuel Palais de justice, s'élevait l'Hôpital. Un peu plus bas avait
précédemment existé un autre établissement scolaire (en est resté le nom
d'une artère : la rue du vieux-Collège). Aux diverses classes que l'on
aménagea sur l'esplanade nouvellement créée s'ajoutèrent les
appartements destinés au principal (le directeur) et aux régents (les
professeurs).
Les faits exposés ici figurent dans l'ouvrage «La vie quotidienne ou
temps de l'Escalade», un ouvrage dû à la plume de l'ancien archiviste
cantonal Paul-F Geisendorf et publié en 1952 aux Editions Labor et Fides,
Genève.
On entrait à l'école à 7 ans, on en sortait à 15. Au début de sa
scolarité, l'enfant apprenait à lire et à écrire, en français comme en
latin. De même, il était initié à la taille de la plume d'oie,
indispensable instrument de sa formation; cet exercice faisait l'objet
d'un examen.
A 10 ans, l'élève abordait déclinaisons et conjugaisons, tout en
fréquentant le catéchisme. Puis, à 12 ans, venait l'approche de la
syntaxe latine, l'étude de Virgile, d'Ovide, parallèlement à la
découverte du grec. Dès 14 ans enfin, les collégiens suivaient des cours
d'histoire dispensés dans les deux langues anciennes. Au programme
notamment les récits d'Homère, les textes du Nouveau Testament. Et, pour
parfaire sa formation, affinée au contact de Démosthène et de Cicéron :
des heures consacrées à la déclamation.
L'idéal humaniste
Edités en français aussi bien qu'en latin et en grec, les manuels
scolaires abondaient. Ils sortaient bien souvent des presses genevoises,
notre ville s'illustrant particulièrement dans ce domaine (elle avait
accueilli cinquante ans avant l'Escalade un réfugié des plus
prestigieux: Robert Estienne, l'imprimeur du roi).
Des leçons de sciences pures, de sciences humaines, de langues vivantes,
d'autres disciplines encore ? Vous n'y pensez pas ! Il s'agit en ce
XVIIe siècle naissant de préparer les jeunes gens à des fonctions qui
réclament un bagage des plus classiques, conforme en cela à l'idéal
humaniste : les charges de magistrat, de pasteur, de juriste.
C'est ainsi que, précise Paul-F. Geisendorf dans son ouvrage de
référence (voir note de haut de page), « la physique était matière
d'Académie, non de Collège, les mathématiques et la géographie ne seront
enseignées que; depuis le début du XIXe siècle, le dessin depuis 1848,
la gymnastique depuis 1872».
L'allemand, quant à lui, ne concernait que les meilleurs élèves,
lesquels passaient quelque temps outre-Sarine. Avec, semble-t-il, des
résultats plutôt quelconques...
Semaines chargées
Du coup, l'horaire pourrait paraître réduit, mais il n'en était rien.
Les lundi, mardi, jeudi et vendredi, on allait à l'école de 6 heures (7
en hiver) à 10 heures, puis, après le repas, de 11 heures à 17 heures.
Dans ces journées étaient inclus la collation du matin, le goûter,
l'interprétation de psaumes et le moment ou, tous réunis dans ta grande
salle, les collégiens
se devaient d'entendre les remontrances du « principal ».
Le mercredi s'annonçait différent, avec notamment l'écoute du sermon,
qu'il s'agissait ensuite de commenter en classe, tandis que le samedi
voyait la répétition des leçons de la semaine et la préparation du
catéchisme dominical. Le dimanche, précisément, les enfants, sous la
conduite du régent, se rendaient au temple où ils assistaient au prêche
du matin et à celui de l'après-midi. Au total, c'était donc bien 60
heures que comptait le travail de la semaine.
Le cycle des saisons
Et il ne fallait pas songer à disposer de deux mois de vacances l'été!
Sur ce plan, ailleurs en Europe, les enfants des régions catholiques
étaient mieux lotis, eux qui avaient congé à l'occasion des multiples
fêtes jalonnant le calendrier liturgique. Dans la cité de Calvin, en
revanche, pas question de connaître toutes ces pauses on manquait
l'école en fonction du cycle des saisons. Soit trois semaines en automne
pour les vendanges, deux en été pour les moissons, et deux jours à
l'occasion de chacune des foires annuelles, au nombre de trois ou
quatre.
Une quadruple fessée
C'était début mai qu'avait lieu la cérémonie des promotions, bien moins
ludique que l'actuelle tête des écoles puisqu'elle consistait avant tout
en une succession de longs discours, qui plus est bien souvent en latin.
Au moins les meilleurs étaient-ils récompensés, qui de quelque argent,
qui d'une médaille. Mais le lendemain même de ce jour particulier, on
retournait déjà en classe. Pour quelques-uns, une nouvelle année
scolaire commençait, mais tel n'était pas le cas pour nombre de
collégiens : on ne passait au degré supérieur que lorsqu'on avait
assimilé l'ensemble d'un programme, et cela pouvait durer huit mois
aussi bien que quinze ou davantage encore.
Guère le temps de souffler, on le voit, pour les écoliers de ce temps.
Mais que dire alors de leurs parents ? Les pères, quel que fût leur
métier, travaillaient généralement matin, après-midi et soir, tandis que
les mères élevaient souvent plus de dix enfants...
Et, s'agissant des collégiens, voilà qui n'était pas tout: au moindre
écart de conduite pleuvaient les coups de fouet et autres châtiments
corporels! Ainsi, rapporte un registre de l'époque, quatre élèves furent
sanctionnés pour avoir joué au palet pendant l'heure du catéchisme «
Qu'ils soient remis à M. de Bèze1 pour les faire fesser tellement qu'ils
n'y retourneront plus.» Le célèbre réformateur, disciple de Calvin,
était atteint de surdité.
Théodore de Bèze, dit-on n'entendit poste tocsin la nuit de l'Escalade.
Jouer sur les fortifications
Des enfants et adolescents martyrs, les petits Genevois de 1602? Pas le
moins du monde. Les semaines démentielles évoquées plus haut attendaient
les « étudiants » de l'Europe entière. Et, en cas d'incartade, les rudes
punitions aussi. Cela n'empêchait pas les jeunes de s'amuser avant,
pendant et après la classe. Suivons ici Paul-F. Geisendorf: «Entre les
cours, ce n'étaient que parties de billes, «piratées» sur les
fortifications et "cognances". Aux leçons mêmes, le chahut était parfois
redoutable. Des garnements agiles grimpaient par les fenêtres des
classes pour aller fermer le verrou de l'intérieur et empêcher tout le
monde, maître y compris, d'y entrer. »
» Aux leçons qui les ennuyaient, enchaîne l'historien, les élèves
demandaient l'un après l'autre à « sortir » - et ne revenaient plus, de
sorte que le maître finissait parfois la leçon devant des bancs vides. »
Jusqu'à 150 élèves par classe!
On a tout dit ou presque des programmes, des horaires, mais rien encore
du cadre des études. Le nombre d'élèves par classe ? Entre 50 et 150. Le
mobilier? Une planche sur laquelle on s'assied, une autre sur laquelle
on écrit. Le chauffage? Inexistant, au point que les écoliers sont
invités à apporter leur braise. Les fenêtres ? Avant que le verre épais
ne fasse son apparition, il avait été demandé aux collégiens de
confectionner des « carreaux » de papier huilé.
De futurs aménagements favorisèrent certes, au fil des décennies, les
conditions d'études au Collège de Genève, mais le décor que connurent
tant d'élèves resta longtemps empreint d'une semblable austérité. Aussi
Paul-F. Geisendorf peut-il commenter une large tranche d'histoire en ces
termes : «Voilà comment dix ou quinze générations de petits Genevois
feront leurs humanités - et les feront bien. Voilà le cadre où
passeront, sans guère d'améliorations d'un siècle à l'autre,
Horace-Bénédict de Saussure et Jacques Necker, Guillaume-Henri Dufour et
Henri Dunant ». Propos que notre alerte historien se plaît à compléter
par cette sage sentence : « C'est bien la preuve qu'il ne faut pas
confondre confort et civilisation».
O. Dami - L'école n°29 (DIP) - Décembre 2002
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> Les Genevois ont
célébré les 400 ans de l'Escalade
Le défilé a attiré les foules...
Quatre siècles après la victoire mémorable des Genevois sur les
troupes savoyardes dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, la Cité
de Calvin a vécu ce week-end une édition exceptionnelle du 400e
anniversaire de l'Escalade. Quelque 789 membres costumés de la
Compagnie 1602, accompagnés de 52 chevaux, ont défilé devant la
foule venue nombreuse les admirer pour fêter l'attelage portant
les trophées pris par Genève. Un à un, les corps de métier,
magistrats, ecclésiastiques ou chevaliers se sont ébranlés au son
des fifres et des tambours. Malgré la pluie, de nombreux tableaux
se sont succédé sous les yeux ravis des Genevois par l'entremise
des arquebusiers, piquiers, et groupes de cavaliers qui ont
redonné vie à l'époque du réformateur Théodore de Bèze. La
commémoration de l'événement est organisée chaque année par la
Compagnie 1602, fondée en 1926.
ATS
Sortie de presse : un
rubrique proposée par la Fnac qui présente ce choix précieux de
livres publiés par nos éditeurs romands. |
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> 400e de l'Escalade: ras la
marmite!
Coup de gueule. Indigestion de manifestations diverses pour cet
anniversaire.
Un mois avant la célébration du 400e anniversaire par excellence des
Genevois, les manifestations ayant un proche ou lointain rapport avec
cette célébration se multiplient. Une véritable… escalade! Une telle
pléthore risque bien de provoquer un ras-le-bol. Ou plutôt un… ras la
marmite! Toutes ces productions devraient bénéficier d'un label
d'origine. Label… Escalade, naturellement! (…)
Cet article étant un coup de gueule et non un mémento de spectacles, on
arrêtera ici cette énumération. Et soulignant simplement qu'il y a
encore des dizaines d'animations, de commémorations (sic), de
nombrilisme, de "y en a point comme nous" et ratons laveurs à vous
donner le tournis. Comme le dit un proverbe populaire: "abondance de
biens nuit". Et il y a gros à parier que même le plus chauvin des
patriotards genevois aura éprouvé devant ce gigantisme, le même ras la
marmite que le nôtre.
Trop c'est trop. Et devant cette frénésie, on sent monter l'indigestion.
A propos d'indigestion, on a pas pour habitude de faire tourner les
tables (même celles des banquets de l'Escalade!) Mais, sans entrer en
communication avec les âmes des vaillants Genevois de 1602, on peut se
risquer à écrire qu'elles seraient bien surprises, voire agacées de ces
célébrations pléthoriques.
Ras la marmite! De quoi en rêver la nuit…
Justement, j'ai fait un rêve: la Mère Royaume flanquait sa marmite sur
le cortège de la 1602. Dame Piaget se barricadait chez elle pour ne pas
voir les célébrations. Même Théodore de Bèze, sourd, se bouchait les
oreilles! Le bourreau Tabazan se suicidait en se pendant à sa potence.
Et Isaac Mercier, profitait de la course de l'Escalade, pour se barrer
jusque chez lui en Lorraine…
Au secours! 400e, je craque! J'ai dû recevoir une marmite sur la tête…
M. Jörimann
Article paru dans GHI du 11 novembre 2002
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> Ah, la
belle...
Depuis jeudi dernier et jusqu'à demain dimanche, les Genevois fêtent le
400e anniversaire de
l'Escalade (lire LT des 12 et 13 décembre)., qui commémore les
événements sanglants de 1602, tout en faisant un triomphe à
«leur» nouvelle conseillère fédérale, la
socialiste Micheline Calmy-Rey. Ambiance, entre
arquebusiers, piquiers et argoulets.
Le Matin
Lausanne, 11 décembre 2002
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> La légende en marche
« La nuit du 11 au 12 décembre 1602. Noire comme de l'encre, rapporte la
légende. Paisiblement endormie, Genève va pourtant, briller de
mille feux.
Soudain, deux coups d'arquebuse claquent. Qui sont les ennemis, combien
sont-ils? Réveillés en sursaut, 1es quelque 10000 habitants de la
cité descendent dans les rues de la vieille
ville, à la lueur des torches.
L'assaillant est Savoyard. Fortes de plus de 2000 soldats, les troupes
du duc Charles-Emmanuel sont parvenues sans
encombre sous les murs de la cité, avant de les
escalader à l'aide de longues échelles.,
C'est le garde jacques Mercier qui donne l'alarme, très vite relayé par
le tocsin de la cathédrale. Blessé à mort, le
caporal François Bousezel est la première des 18
victimes genevoises. L'effet de surprise passé, les ennemis sont
âprement combattus sur la muraille de Plainpalais et dans les
rues. Piques, lances, arquebuses ou armes de
fortune, tout est bon pour se défendre. Dans
cette nuit sanglante où 54 Savoyards trouvèrent la mort, c'est pourtant
une marmite qui devient célèbre. Celle de
Catherine Cheynel, la Mère Royaume. Depuis sa
fenêtre, elle expédie son lourd ustensile sur la tête d'un assaillant,
le tuant net. La légende est en marche. Ailleurs,
Isaac Mercier barre définitivement l'entrée de la
ville en descendant la herse de la Porte Neuve.»
(Xavier Lafargue)
Tribune de Genève, 12 décembre 2002
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> Et s'ils avaient gagné?
«Si l'embuscade savoyarde avait réussi, signale (l'historienne] Béatrice
Nicollier, «il est probable qu'Henri IV aurait cherché à s'allier
avec les Bernois, tout aussi mécontents de la
prise de Genève, et très inquiets pour le Pays de
Vaud». Une action concertée de ces deux Etats aurait peut-être permis de
reprendre la ville. «Après un beau siège, précise l'historien
Olivier Fatio. Pour lequel il aurait fallu
plusieurs dizaines de milliers d'hommes.» Le siège
n'aurait pas manqué de déclencher des réactions dans les cantons
catholiques, qui auraient pu être été tentés de
venir en aide aux Savoyards.»
(Marc Bretton)
Construire, 3 décembre 2002
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> Sans pitié
«Avec leurs prisonniers, les Genevois sont sans pitié; Au matin, ils
sont pendus et décapités.
Bernard Lescaze, historien: "-Tout à fait. On a connu là une situation
assez analogue à celle que connaissent
actuellement les prisonniers de Guantanamo: on
n'a pas accordé à ces gens-là le statut de prisonniers de guerre. On les
a considérés comme des larrons, de vulgaires
brigands, au mépris des lois de la guerre, en
prétextant que Genève vivait en paix - alors que n'existait entre
elle et la Savoie qu'une trêve. Evidemment, c'était une pure
astuce juridique, et ça a beaucoup surpris à
l'époque. Les nobles savoyards espéraient que,
moyennant rançon, ils pourraient repartir chez eux. Ils ont été pendus.
[...]
Ces ordonnances sur la guerre, qui existaient bel et bien en 1602 et qui
préfiguraient en bonne partie les Conventions de Genève trois
siècles plus tard, n'ont pas été respectées.»
(J-F Duval)
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> GENÈVE : Le défilé a attiré les foules
Les Genevois ont célébré les 400 ans de l'Escalade
Quatre siècles après la victoire mémorable des Genevois sur les troupes
savoyardes dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602, la Cité de
Calvin a vécu ce week-end une édition
exceptionnelle du 400e anniversaire de l'Escalade. Quelque
789 membres costumés de la Compagnie 1602,
accompagnés de 52 chevaux, ont défilé devant la
foule venue nombreuse les admirer pour fêter l'attelage portant les
trophées pris par Genève, Un à un, les corps de métier,
magistrats, ecclésiastiques ou chevaliers se sont
ébranlés au son des fifres et des tambours.
Malgré la pluie, de nombreux tableaux se sont succédé sous les yeux
ravis des Genevois par l'entremise des arquebusiers, piquiers, et
groupes de cavaliers qui ont redonné vie à
l'époque du réformateur Théodore de Bèze. La
commémoration de l'événement est organisée chaque année par la
Compagnie 1602, fondée en 1926. Pour son
400e anniversaire, l'Escalade a été dotée d'une
enveloppe «exceptionnelle» d'un million de francs.
ATS
déc. 02
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> La Course du Duc:
un succès à renouveler
Genève, 7 décembre. - La course du Duc entre Reignier et Genève,
marquant le 400e anniversaire de l'Escalade et la
25e édition de la course de l'Escalade, a été un
succès. Bravo à celui qui en a eu l'idée. Merci à tous ceux qui ont mis
sur pied cette épreuve sportive, orchestrée par la
Compagnie de 1602 et le Comité
d'organisation de la course de l'Escalade.
Il faut noter le très haut niveau de l'organisation générale. Les
organisateurs ont su choisir un
parcours original. L'esprit de convivialité avec lequel la
ville de Reignier a accueilli les coureurs pour le départ de la
course mérite aussi d'être souligné. S'agissant
de la traversée du village de Veyrier, l'ambiance
y était plus que chaleureuse. Et enfin, cette approche de la Ville de
Genève pour arriver au coeur de la cité était absolument
extraordinaire.
Je me suis toutefois laissé dire que cette course serait unique, qu'elle
n'aurait lieu qu'une seule fois. Non, Mesdames et Messieurs de la
Compagnie 1602 et du comité de la Course de
l'Escalade, vous ne pouvez pas faire ça à tous les
amoureux de la course à pied qui aiment
Genève et son arrière-pays. Cette cours est
magnifique. Elle est riche en symboles: historique et commémorative pour
commencer, elle donne ensuite une dimension transfrontalière
unique en son genre. J'imagine facilement que
l'organisation d'une telle épreuve soit lourde,
mais vous ne pouvez pas simplement tourner la page. Organisez-la, par
exemple, une fois tous les deux ans, mais
continuez à l'organiser. Il faut absolument
maintenir cette course, Genève et son arrière-pays ont besoin d'un tel
événement (...)
Jacques Jeannerat
Tribune de Genève 23.12 02
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C'est grâce à ses sponsors
et partenaires
que la Compagne de 1602 a pu offrir une
fête mémorable à toutes les Genevoises et
tous les Genevois à l'occasion du 400ème
anniversaire de la bataille de l'Escalade.
www.compagniede1602.ch
  
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